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La marginalisation des personnes âgées dans les pays baltes

L'accroissement d'une population dépendante

C'est la génération qui a traversé “toutes sortes d’horreur”: la guerre, la répression, la persécution, l’exil, le régime nazi, le régime soviétique”. Bien que cette génération a “lutté” pour la liberté du pays, les personnes âgées semblent être oubliées dans la vie quotidienne : “wagon de queue” d’une société qui les soumet à l’exclusion et parfois à la misère.

Avec la chute de l'Union soviétique en 1991, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie ont subi une grave crise sociale. Depuis une trentaine d'années, les États baltes sont marqués par un faible taux de fécondité.  Les taux d'émigration particulièrement élevé ont intensifié le problème. Soumis à une pression démographique constante de la part des pays voisins, les États baltes ont de la difficulté à contrer cet enjeu: pays les plus vieillissants du monde. Avec le vieillissement de la population, il y a plus de personnes qui ont besoin de prestations de retraite et de soins de santé. Cela entraine un taux d'imposition plus élevé pour la main-d'œuvre qui est en diminution. La combinaison de l'augmentation des dépenses gouvernementales et de la baisse des recettes fiscales est nocive. D'après Eurotas, près de 23 % de la population balte sera dans la catégorie des personnes âgées d'ici 2030. La libre circulation des ressortissants au sein de l'Union européenne, la crise économique de 2008 et les mauvaises conditions de vie sont à la source de l'émigration massive des populations baltes. La grande majorité des émigrants sont attirés par les conditions de travail nettement avantageuses des pays voisins. À titre d'exemple, un Lituanien qui émigre en Norvège a la possibilité de gagner mensuellement près de 8 à 12 fois le salaire minimum lituanien.

Un fossé s'est creusé entre ceux qui ont su saisir les opportunités économiques qu'offrait l'indépendance (hommes d'affaires, intellectuels ou apparatchiks reconvertis à l'économie de marché...) et les nouveaux pauvres (comme les retraités) qui survivaient grâce à de petits boulots (là, le système D appris pendant la période soviétique continue à faire ses preuves comme on peut le voir sur mes images ).

L'atmosphère pesante et pessimiste de l'époque soviétique n'a pas totalement disparu.